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Merci Monsieur Louis

Kiki, Anio, Nanard et Désiré

                 

                       Si, par le plus grand hasard, vos yeux venaient à accrocher les quelques premières lettres, les quelques premiers mots de cette histoire, passez votre chemin tant qu’il en est encore temps.

                        Si votre esprit venait à ne plus pouvoir quitter la farandole des arabesques qui suivent,  si vous entendez les sons qui mènent au récit, c’est qu’il est trop tard pour vous, bien trop tard pour vous ! Vous venez d’offrir votre âme à ma nouvelle fraichement peinte.

bibliotheque verteEn lisant le livre de la Bibliothèque verte, troisième prix offert à Giovanni par Monsieur Louis, notre Maître d’école de la cité de Trieux, mon doux village natal, je m’assoupis…

                        …Sous un cocotier, me voici étalé sur une plage de sable fin, les doigts de pieds en éventail. Je pense à ma dulcinée…

                                                                              … par un soleil de plomb, ça cuit. Ma merguez est plus que chaude…,  barbekla brochette d’Anio (Antonio) est à point, les pauvres côtes de boeuf de nos deux autres acolytes affamés ne leur sont déjà plus qu’un lointain souvenir. Les effluves du barbecue excitent nos papilles et font larmoyer même les moins tendres d’entre nous.

geveor2On ne voit plus la mer qui se trouvait là, juste à deux mètres, il y a cinq minutes. Une fumée épaisse fait rappeler que le préposé au « barbeuk », Nanard (surnom dû à son goût immodéré pour le vin), avait déjà évaporé quelques bouteilles de « Gévéor », le jaja, le pinard de Nanard, le rosé qui endort. La cuisson est reléguée à est laissée à Désiré…, notre bon Dédé, le seul d’entre nous apte à remplacer Nanard en ses qualités d’ès maître queux.

                    titanic   A travers le dense nuage noir, Anio (Antonio), en position du tireur couché, essayait, pour la deuxième fois, de viser avec son pistolet à bouchon le paquebot  qui passait au loin dans la grande bleue. Il n’eut pas le temps de tirer son coup. Le premier avait déjà touché au but, le paquebot en flamme coulait. Anio tremblait de tout son corps.  Il regardait bizarrement son fusil à bouchon, comme pour lui reprocher d’avoir fait feu pour de bon.

«- T’en rates pas une, Anio, maintenant on ne voit plus clair, criait Dédé, désespéré de ne plus pouvoir maitriser la cuisson de la barbaque. Si c’est raté, c’est à cause de toi !

-          Raté ? tu trouves que j’l’ai raté ?…il coule !…. et puis c’est pas Moua, c’est cette maudite pétoire à bouchon achetée au rabet chez Madame Razzi (Ah, Madame Razzi et sa magique mercerie, je vous en parlerai dans une autre page!) 

-          Pétard, balbutia Nanard, Le fusil d’Anio vaut bien un canon ! hic !

-          Tais-toi, pochetron, t’es à moitié fumé. Si ça continue, tu finiras comme le paquebot  mon pov Nanard!

-          L’eau de mer me désespère, hic ! Le sel me donne la nausée, répondit le pochetron en s’offrant une « presque » dernière rasade, une sainte gorgée de picrate. Puis, avec honneur, Il présenta sa royale bouteille en plastique au bateau, trinquant à ce « déboire » qui finissait de sombrer au loin.

film titan-           Adieu et à la tienne, bon vieux Titan’hic. Que le monde est cruel, toi tu te « plein» et ma bouteille se vide,  hic ! Hic ! Et comme disait mon grand-père, Papy-Nanard, « l’eau bue » éclate, hic ter !  Et pour te reprendre, je ne suis qu’à moitié, fumé ! Le bateau, lui, l’est deux fois plus, hic der!

-           Y-a-t-il des naufragés, demandait Désiré?

-           Non, le boat-people était vide, répondis-je, les requins sont toujours aussi affamés. Ils semblent, maintenant, redoubler d’intérêt pour notre  barbecue.

-              Gare à tes miches Dédé, s’esclaffa Anio, si la cuisson n’est pas bonne, j’te jette à la bagne !

-          Pourquoi Moua ? Jette plutôt le Nanard, ils auront d’un coup la viande et le pinard et, en mémoire au bateau disparu, une couronne de « cirrhose »!

-          Ça ferait des requins édentés, avec une dure carne comme lui, répondit Anio serrant de toutes ses forces sa délinquante pétoire à bouchon afin qu’elle ne s’évade pas.

…« - A table, à table, criait Maman, je ne le redirai pas deux fois ! » Ça sentait bon, meilleur qu’ailleurs, mes ailleurs. La table était dressée de tout son long pour accueillir la grande famille   Wante-Glioni. Je m’étais assoupi, mon bouquin dans les mains, bouquin dans lequel je replongeai aussitôt…

… Sous un cocotier, me voici étalé sur une plage de sable fin, les doigts de pieds en éventail. Je pense à ma dulcinée…

…« - A table, s’égosilla Maman, ça va être froid ! »

                         J’arrête ici cette nouvelle, sans quoi, ce cycle de Sisyphe pourrait éternellement s’emparer de votre âme. Pour vous en délivrer, il vous faut, dès maintenant, détacher vos yeux de cette  histoire perpétuelle. Il vous suffit simplement de reposer mon… 

           …livre de la Bibliothèque verte, troisième prix offert à Giovanni par Monsieur Louis, notre Maître d’école de la cité de Trieux, mon doux village natal. 

                                                                Merci Monsieur Louis 

Giovanni Wante-Glioni 

2 Réponses à “Merci Monsieur Louis”

  1. 1sivalavie dit :

    Sur mon blog, je cite rapidement Monsieur Louis, mon Maître d’école. Je compte m’y attarder plus longuement dans d’autres pages, car c’est un personnage qui aura marqué ma vie et celle de bien d’autres enfants de passage dans son école. Quelle pédagogie, en avance sur son temps, il savait nous inculquer le savoir être, le “aimer apprendre”. Quel bonheur que de venir quotidiennement dans sa classe…. Merci Monsieur Louis

  2. barbieri dit :

    Comme tu as raison Eric , je me souviens d’un fait qui s’est déroulé un jour pendant nos cours, le jour où son épouse très peu de temps après leur union , donc le jour où elle s’est gravement blessée avec du verre je ne sais plus quelle partie du corps.Je me souviens de la vitesse à laquelle Mr Louis est monté secourir son épouse….qu’ils étaient gentils et attachants…..d’autres souvenirs encore.amitiés Eric

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