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LA POLAK . . . Trahison… Marie la polonaise

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                   Papa trouva son bonheur auprès de sa nouvelle femme, sa cadette d’au moins 20 ans, ce qui à l’époque ne pouvait en rien égrainer sa vie.     

                  Les distances d’âges ne se rattrapent jamais, je dirais même qu’elles se précisent avec le temps. La nuance des rides pour eux devient profonde. Ces fissures qui s’écartent, se creusent, forment un fossé de détachement. La dépendance de l’un fait la différence de l’autre, les jeux ne sont plus les mêmes. Aujourd’hui, aux beaux yeux de sa Belle, les vingt ans d’érosion qui blâment Papa atténuent la clarté d’apollon. 

                     A sa nouvelle moitié d’origine polonaise, on pourrait associer Marie Walewska, Marie la polonaise, la maitresse de Napoléon, qui lui demeura fidèle jusqu’à son exil. Là, la route commençait à être sinueuse. Papa, qui accrochait presque les vaguons des quadragénaires, devait s’appuyer sur son bâton de pèlerin, son auguste femme. Son l’exil, à Lui, débuta au moment où la commande de ses mains ne pouvait plus contenter ses facultés de bricoleur. Ses tremblements et  ses difficultés pour parler annonçaient une maladie de Parkinson. Puis vint s’ajouter le manque d’équilibre, ce qui altérera sa locomotion. Une canne, puis un déambulateur lui furent alors nécessaires. Les nombreux tapis qui encombraient le sol lui causèrent de bien sévères chutes. Ces crocs-en-jambe, au nécessaire besoin esthétique ou de touche personnelle, devraient laisser place nette, et délivrer, par devoir, le linoléum encore de toute beauté. Malgré les nombreuses remontrances que nous faisions  à Belle-maman, quand à la dangerosité de laisser sur le passage ces maudits tapis, la polonaise mettait en avant sa liberté d’être chez soi. Ce chez soi qui était pour deux, dans son langage n’était plus que pour un, les décisions en était de même. « Il n’a qu’à lever les pieds. Je lui dis toujours de lever les pieds quand il marche ! ». Dieu semblait parler (« lève toi et marche !»).

                      Si Dieu n’était pas en mesure de distribuer l’instruction à chacun, il aurait pu, tout au moins, semer une intelligence équitable, encore que, en terrain inculte …. ! 

Giovanni Wante-Glioni 

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